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A v e u g l é s__p a r__t r o i s__f o i s__r i e n,__d i r i g é s__
c o m m e__d e s__p a n t i n s,__s a n s__p l u s
a u c u n__l e n d e m a i n.
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Dis-le. Dis-le moi, toi, que tout ça est irréel, que c'est un univers que je m'invente. Que tout ça n'existe pas,
que jamais ô grand jamais notre monde n'aurait laissé tout ça arriver. Dis-le moi, je t'en supplie. Que tout
ne vole pas en éclats, que ce n'était qu'un mauvais rêve, que c'est impossible. Dis-le, souffle-le moi.
Rappelle-moi cette réplique dont je ne peux me souvenir. Montre-moi, que mes larmes sont vaines, puisqu'il
n'y a rien à pleurer. Réveille-moi, parle-moi. Tout se passe. Tu y crois ? Moi pas. Rien ne passe, rien. Pas chez
moi. Dis-le, que le néant n'est pas néant, rien qu'illusoire. Et puis toi, pourquoi tu ne me montres pas le
chemin dis-moi ? Pourquoi tu ne m'indiques pas la voie de l'utopie ? Pourquoi ? Dis-le. Dis-le,
que jamais ça n'arrivera. Tu le sais, au fond. Tu l'as toujours su. Pas vrai ? Avoue-le au moins. Evite-moi,
exile-moi. Dis-le, que ce monde n'a jamais existé.
Parle maintenant. Crache-moi ta ranc½ur au visage, pour qu'enfin nous soyons quittes.
Personne ne peut combattre la vérité. Pas toi, ni même moi. Quelle vérité ?
Qu'on est seuls, toujours. Que c'est notre dessein, que notre lutte est vaine.
Parce qu'au fond, certaines pensées resteront à jamais enfouies, inavouables,
nous laissant solitaires au milieu d'un tissu de mensonges.
«Il est dit qu'on ne lâche pas sa dépendance tant qu'on n'a pas touché le fond. Mais comment sait-on qu'on y est ?
Parce que peu importe combien quelque chose nous blesse, parfois l'abandonner fait encore plus mal.»